"Les colporteurs ou porte-balles, étaient autrefois assez nombreux, certains voyageaient à leur gré, au hasard des saisons, d'autres, au contraire, paraissaient avoir un itinéraire assez précis, ils passaient certaines fois deux fois l'an, au printemps et à l'automne.
Généralement vêtu d'une veste de velours brun, le colporteur arrivait à pied, avec dans le dos une grosse balle de marchandises, enveloppées de cuir, ou parfois une caisse en bois, qu'il posait sitôt entré, pour soulager ses épaules, ensuite il déballait et présentait ses articles à la mère de famille. Il y en avait une quantité invraisemblable : fil, aiguilles, bretelles, foulards, ciseaux, couteaux, etc ...
Les gamins approchaient le plus possible pour voir toutes ces choses flambant neuves. Presque dans chaque maison il vendait pour quelques sous, l'un ou l'autre de ces objets. Pourtant le pauvre homme ne réalisait que de bien maigres profits car il acceptait bien volontiers l'assiette de soupe qu'on lui offrait et le gîte dans la grange ou l'écurie selon la saison. Il fallait que ces hommes, qui étaient sans doute très forts puisqu'ils faisaient un métier dur, aient fortement le goût du voyage, de l'aventure, pour se contenter d'un travail si peu lucratif plutôt que de se stabiliser."